ETRE PARENTS ENSEMBLE APRES UNE SEPARATION :
– «Pour éviter les conflits on a fait le choix de ne plus se parler »

Quelques semaines, quelques mois ou quelques années après une séparation, la « non-communication » et le silence peuvent s’installer entre deux parents.
Différentes causes peuvent en être à l’origine :
– La difficulté : « On n’arrive pas à se parler. A chaque fois ça dégénère… alors on a arrêté d’essayer »
– L’incapacité : « cela s’est tellement mal passé entre nous, les blessures sont trop profondes, je n’ai plus rien à lui dire »
– Le choix conscient : « on est plus ensemble alors échanger un SMS de temps en temps c’est largement suffisant. »

« Regards » d’un médiateur familial

Exercer en tant que médiateur familial c’est aussi constater quotidiennement que « la communication positive entre ses parents est un point-clé du bien-être et de l’équilibre affectif de l’enfant… »

Cette communication est au coeur de la médiation familiale et elle se définit ainsi : « La médiation familiale est un processus tiers, de construction ou de reconstruction de liens, axé sur le rétablissement d’un dialogue apaisé, l’autonomie, la liberté et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation.

Communiquer entre parents après une séparation n’est pas une « évidence »… Cela relèverait plutôt d’un « difficile travail nécessaire » pouvant parfois sembler insurmontable mais qui une fois en place génère pour toutes les personnes concernées un sentiment de mieux être, d’apaisement et de sécurité.

Ce travail restaure la place de chacun des parents dans sa capacité « à répondre » aux besoins de leur enfant. Il sollicite une complémentarité positive. Il est le garant de l’équilibre affectif de l’enfant.

Se parler pour avancer …

A la recherche de la « bonne distance relationnelle »…

– Après une séparation si la « distance relationnelle » est trop proche entre les deux personnes qui ont « fait couple » l’un, l’autre ou les deux peuvent avoir l’impression de continuer à vivre la relation qui les a mis en difficulté.
Exemple : il (elle) me dit sans arrêt ce que je dois faire avec notre fille alors je ne répond plus et il (elle) s’énerve et ça dégénère…
– Si la « distance relationnelle » est trop grande cela peut signifier que plus aucune information concernant l’enfant n’est échangée entre les deux parents. Exemple : lorsque que je l’ai inscrit au foot j’ai appris qu’il faisait du rugby depuis 15 jours…
– La « bonne distance » existe… Elle est reconnaissable au fait qu’elle permet la communication sans faire vivre la relation conflictuelle.
Mais souvent cette distance n’est pas la même pour les 2 personnes.
Le travail à faire pour les parents séparés peut consister à définir ensemble ce qu’il est possible pour l’un(e) et pour l’autre : comment ?, quand ?, avec quels outils ? (agenda sur internet, cahier de liaison, SMS, organisation, discussion…). la Médiation Familiale est propice pour la réalisation de ce travail.

On croit ne plus communiquer entre parents mais en fait on communique « autrement » : par personnes et par situations interposées…

Deux parents qui ont fait le choix de ne plus se parler ou qui subissent cette situation communiquent TOUJOURS… mais plus de la même manière.
Cette communication a lieu désormais par personne(s) interposée(s) sans que nul(le) en maîtrise les tenants et les aboutissants.
Cette personne peut être un proche, un ami(e), un(e) professionnel(le) mais généralement c’est l’enfant qui occupe cette place : « Maman, tu sais Papa il a dit que… » ou « Papa, tu sais chez maman… ». Le vécu de l’enfant et les décisions le concernant prises de manière unilatérale et réactionnelle deviennent alors des zones « floues » propices à la peur, à la mise en cause et au conflit.

Et si c’est trop difficile ?

– De trop grandes difficultés de communication peuvent être dues au fait que la séparation est (très) récente et que l’un, l’autre ou les deux ont besoin de temps pour se sentir prêt(e) à entreprendre cette « mutation relationnelle ».
– L’ampleur conséquente d’un conflit ou des échéances judiciaires peuvent également nuire à une communication apaisée. Le conflit ayant la particularité de figer le temps, les situations et les ressentis il peut créer l’illusion que les solutions doivent venir « d’ailleurs » et que d’ici-là seul l’affrontement ou le silence soit possible.
– Enfin la séparation conjugale ne fait pas disparaître les problématiques parentales et les contextes de post-séparation (recompositions familiales, adolescence, distance /déménagement…).